| Revue du 10ème anniversaire du Centre Bouddhique Internation |
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Bouddhisme, désarment et paix Par le Vénérable Dr Walpola Sri Rahula, Chancelier de l’Université de Kelaniya au Sri Lanka Tout d’abord je voudrai insister sur le fait que le Bouddhisme est véritablement opposé à toute guerre toute violence et tout armement et qu’il est réellement pour la paix. Le Bouddhisme est basé sur la grande compassion, mahaakaruna et la grande sagesse, mahaa pannaa. En termes généraux, la compassion signifie l’amour, la générosité, la gentillesse, la pitié et la tolérance ainsi que d’autres émotions ou qualités nobles. La sagesse représente le coté intellectuel, la faculté de voir les choses telles qu’elles sont ou encore les qualités de l’esprit. Afin d’être parfait nous avons besoin de développer les deux pareillement. L’amour universel L’enseignement du Bouddha est basé sur le vaste concept de l’amour et de la compassion universelle envers tous les êtres vivants et c’est de là que découle le comportement éthique des Bouddhistes que cela soit dans le domaine social, économique ou politique. Il est regrettable que de nombreux érudits oublient ce grand idéal de l’enseignement du Bouddha et s’adonnent à des analyses philosophiques et métaphysiques qui restent très abstraites quand ils parlent et écrivent sur le Bouddhisme. Le Bouddha a enseigné pour le bien et le bonheur de tous, par compassion pour le monde. (bahujanaa hitaaya-bahujanaa sukhaaya-lokanukampaaya) Juste moyen d’existence Dans le comportement éthique qui se base sur l’amour et la compassion est inclus le juste moyen d’existence, qui est le cinquième membre de l’octuple sentier. Le juste moyen d’existence signifie que l’on doit s’abstenir de gagner sa vie par une profession qui nuit aux autres comme : fabriquer et faire du commerce d’armes, de poisons mortels et autres armements. Il faut plutôt gagner sa vie dans une profession qui est honorable, sans fautes et qui ne nuit pas aux autres. Ici on voit très clairement que le Bouddhisme est opposé à toute guerre, quand il est dit que le commerce avec des armes mortelles et du poison est un moyen vil et injuste de gagner sa vie. La vie est sacrée Le Bouddhisme estime que la vie est sacrée et on la traite avec la plus grande considération et le plus grand respect. Le premier précepte d’un Bouddhiste est de s’abstenir de détruire la vie – pas seulement la vie humaine, mais aussi la vie animale (paanatipaata veraamani sikkhaapadam). « Tout le monde tremble à la vue d’armes, tous ont peur de la mort. En observant ce sentiment chez soi même on ne devrait ni tuer ni causer la mort car les autres ressentent la même peur que nous» dit le Bouddha dans le Dhammapada, vers 129. Des pensées d’amour et de compassion sont exprimées dans le discours sur l’amour universel (mettaa sutta) et «puissent tous les êtres être heureux et en sécurité » en est le refrain. « Comme une mère qui protège son seul et unique enfant même au risque de sa vie, de la même façon nous devons développer un cœur ouvert et sans limites envers tous les êtres vivants.’ Les armes destructrices Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui connaît une peur, une suspicion et une tension constante. La science a produit des armes qui sont capables d’une destruction inimaginable. En brandissants ces instruments de mort, les grandes puissances se menacent et se défient mutuellement en se vantant sans honte que les leurs pourrait causer plus de destruction et de misère dans le monde que ceux des autres. Est-ce qu’ils ont encore toute leur raison ? Est-ce que leur comportement est différent de celui des fous ? Est-ce que les gens peuvent avoir du respect ou de la foi en ce genre de dirigeant ? Ils sont allés tellement loin dans cette démarche folle que s’ils ne font qu’un pas de plus, même par erreur, le résultat en sera une annihilation mutuelle en même temps que la destruction de l’humanité - un holocauste global inimaginable. Des êtres humains qui craignent la situation qu’ils ont eux-mêmes crée veulent trouver une issue et cherchent toutes sortes de solutions. Mais il n’y en a pas à part celle prêchée par le Bouddha dans son message de non-violence, de paix, d’amour et de compassion, de tolérance et de compréhension, de vérité et de sagesse, de respect et de considération pour la vie, de l’absence de haine, de haine et de cruauté. Le Bouddha a déclaré : « La haine ne s’apaise jamais par la haine dans ce monde. Elle est apaisée par l’amour. Ceci est une loi éternelle. » (dhammapada 5) « Nous devrions vaincre la colère par la gentillesse, la méchanceté par la bonté, l’avare par la générosité et le menteur par la vérité. » (dhammapada 223) Le voisinage paisible Il ne peut y avoir de paix ou de bonheur pour l’homme aussi longtemps qu’ils auront le désir et la volonté de conquérir et de dominer leurs voisins. Comme dit le Bouddha : « Le conquérant provoque la haine et le perdant reste allongé dans sa misère. Celui qui renonce aussi bien à la défaite qu’à la victoire est heureux et paisible. » (Dhammapada 201). « La seule conquête qui apporte le bonheur et la paix est la conquête de soi même. Même si ont conquiert mille fois milles hommes dans une bataille, seul celui qui se conquiert lui-même est le meilleur conquérant » (Dhammapada 103). Vous allez penser que ceci est très beau, noble et sublime mais pas réaliste. Est-ce pratique de se détester mutuellement ? De se tuer mutuellement ? De vivre dans une peur et une suspicion constante comme des animaux sauvages ? Est- ce cela qui est plus pratique et aisé ? La haine a-t-elle jamais été apaisée par la haine ? Le mal a-t-il jamais été vaincu par le mal ? Par contre il y a des exemples, dans des cas individuels où la haine est apaisée par l’amour et la gentillesse, le mal vaincu par le bien. Vous allez me dire que c’est peut être vrai et applicable à certains cas individuels mais que cela ne marchera jamais au niveau national et international. Les gens sont trompés, hypnotisés, confus et aveuglés par la propagande et la politique à propos de tels termes comme ’national ‘, ‘international’ ou ‘état’. Nation- état Qu’est ce qu’une nation sinon une vaste agglomération d’individus ? Une nation ou un état ne pense ou n’agit pas. C’est l’individu qui pense ou qui agit. Ce que l’individu pense et fait c’est ce que la nation pense et fait. Ce qui s’applique à l’individu s’applique à la nation ou à l’état. Si la haine ou l’amour peuvent être apaisés au niveau de l’individu ils peuvent aussi se concrétiser au niveau national ou international. Même pour une seule personne il faut énormément de courage, d’audace, de confiance et de force morale pour répondre à de la haine par de l ‘amour. N’en est il pas de même pour les affaires nationales et internationales ? Non violence L’empereur (Asoka) avait exprimé ses remords par l’expression »plus de Kalinga » et a dit que c’était très douloureux pour lui de penser à ce carnage. Il déclara publiquement qu’il n’allait plus jamais brandir ses armes ni faire aucune conquête mais au contraire qu’il souhaitait à tous les êtres la non- violence, le contrôle d’eux-mêmes, la pratique de la sérénité et de la douceur. Il considère que la conquête par la piété (dhamma vijaya) est la conquête suprême. Celle-ci est valable dans ce monde et dans le monde à venir. Cette révolution mentale et spirituelle était le résultat de sa conversion au Bouddhisme. Ceci est le seul exemple dans l’histoire d’un conquérant qui état au sommet de sa gloire et de son pouvoir, qui avait encore la force de continuer ses conquêtes territoriales mais qui renonça à la guerre et à la violence et se tourna vers la paix et la non-violence. Il y a ici une leçon pour le monde de nos jours. Le chef d’un empire a ici tourné le dos publiquement à la guerre et la violence, et embrassé le message de la non-violence et de la paix, et créa le premier état socialiste de l’histoire à partir de son empire. Il n’y a pas de preuves historiques que d’autres rois, contemporains d’Asoka aient pris avantage de sa piété pour l’attaquer militairement, ou bien qu’il y ait eu des révoltes ou des rebellions dans son empire durant sa vie. Au contraire la paix régnait dans tout le pays, et même des pays an dehors de son empire semblent avoir accepté son pouvoir. Est-ce qu’ils sont fous ? Des nations puissantes de nos jours sont fabuleusement riches et leur puissance militaire est incroyable. Mais moralement ils sont lamentablement pauvres et couards. Quel est leur accomplissement sinon le pouvoir de pouvoir détruire l’humanité ? Avec toutes ces richesses et ces pouvoirs, pourraient ils contribuer à la paix et au bonheur dans le monde, libérer de la peur et de la destruction ? Même s’ils ne sont pas fous, ils ont sûrement honte d’eux-mêmes. C’est ridicule de parler du désarmement partiel. Cela signifie qu’on approuve de tuer seulement une partie de l’humanité au lieu de l’humanité entière. On doit dire de façon catégorique que les grandes puissances qui parlent de désarmement sont sans cœur ni sincérité. Il est stupide de parler du maintien de la paix par l’équilibre des puissances ou par la dissuasion nucléaire. Le pouvoir des armements ne peut produire que la peur, et non la paix. Il impossible d’avoir une paix véritable et durable en brandissant la peur. De celle-ci ne provient que la haine, la malveillance et l’hostilité, réprimée un certain temps peut-être, mais prête à resurgir à chaque instant. Une paix véritable et réelle ne peut exister que dans une atmosphère de mettaa, c.à.d. de bienveillance, loin de la peur, de la suspicion et du danger. -------------------------------------------------------------------------------- NAMO TASSA BHAGAVATO ARAHATO SAMMA SAMBUDDHASSA conférence du Vénérable ANANDA MAITRIYA Maha Nayaka Thera 26/12/1982 Mes chers frères et sœurs, Aujourd’hui je vais vous parler de choses très simples mais très utiles. Un jour, une certaine personne est venue voir le Bouddha pour lui poser la question suivante : "Qu’est-ce qui fait qu'une personne suive le Bouddha ?" et "Quelles sont les qualités d’une personne qui suit le Bouddha ?" Le Bouddha répondit : «Si quelqu'un prend refuge dans le Bouddha, le Dhamma et la Sangha, elle suit le Bouddha. » La deuxième question était : "Quels sont les devoirs d’une personne qui suit le Bouddha ?" Le Bouddha répondit : «Celui qui suit le Bouddha doit observer les cinq préceptes. » (Cette réponse se réfère aux laïcs.) Voici l'explication : Comment prend-on refuge et comment accepte-t-on le Bouddha comme notre bienfaiteur ? Comment peut-on prendre refuge en lui si on ne l'a jamais vu ni rencontré ? D’après les écritures, le Bouddha avait des qualités infiniment étendues. Il était d’une compassion et d’une sagesse infinie et il avait une pureté de cœur infinie. Ainsi, nous ne pouvons pas comprendre toutes ses qualités, car nous sommes des êtres humains au potentiel limité. Mais nous pouvons contempler une des vertus du Bouddha. Prenons le cas de la compassion : le Bouddha est toute compassion ; il en était imbibé et elle rayonnait de façon égale sur tous les êtres vivants. C’est cette compassion infinie que nous devons contempler. Supposons que l'on voie quelqu’un souffrir d’une maladie grave et qu'il soit mourant. De voir cette personne dans cet état, vous ressentez immédiatement de la pitié ou de la compassion. Vous comprenez alors la qualité de la compassion et vous pouvez aussi en générer lorsque vous voyez quelqu’un souffrir. Vous pouvez contempler la nature de la compassion. Maintenant imaginez qu'elle s’étend et se répand sur tous les êtres de manière égale. Pouvez-vous imaginer cela ? Puisque vous pouvez ressentir de la compassion lorsque vous voyez quelqu’un de malade ou de malheureux, vous étendez cette compassion à tous les êtres ; à ce moment là vous réalisez la compassion illimitée. Maintenant vous arrivez à comprendre la nature de la compassion infinie ; vous pouvez l’imaginer et bien que vous ne puissiez pas encore la générer parfaitement dans votre cœur, vous pouvez comprendre sa nature. C’est elle qui est la nature du Bouddha. Nous devons contempler cette compassion infinie, cette nature de Bouddha. Nous devons en faire notre but, de façon à ce que nous puissions y prendre refuge. En y prenant refuge nous devons nous approcher de plus en plus de cet état de compassion infinie. Et bien que nous ayons souvent de la compassion en notre cœur, elle est limitée, car quelque fois nous la ressentons lorsque nous voyons quelqu’un souffrir et d’autre fois nous ne la ressentons pas du tout. C’est à cela que nous reconnaissons que notre compassion, notre amour, notre tendresse sont limitées. Nous devons développer la compassion, la bienveillance, l’amour tendresse infinis jusqu'à ce que nous atteignions la compassion illimitée. Et lorsque nous ressentons que nous l’avons développée, nous ressemblons à la nature du Bouddha. Nous devons développer cette compassion et pour cela il faut penser, parler et agir avec compassion tous les jours, de façon à pouvoir réaliser cette nature qui est en nous. Il faut faire très attention de ne pas se mettre en colère, de ne pas être jaloux et de ne pas avoir d’actes égoïstes. Lorsque nous appliquons cette méthode et que nous développons ces bonnes qualités, nous en rassemblons dans notre cœur et petit à petit nous devenons identiques avec une de ces vertus. Finalement, un jour, dans cette vie ou une vie ultérieure, lorsque nous aurons atteint l’état de compassion infinie, toutes les vertus seront générées en nous. Quand nous aurons réalisé cet état, nous serons devenus infinis et nous aurons atteint la nature du Bouddha. Donc, en ayant pour objectif la réalisation de cette nature, nous devons nous entraîner petit à petit jusqu'à ce que nous la réalisions. C’est cette pratique qui s’appelle «prendre refuge dans le Bouddha ». On arrive maintenant au point suivant, c’est-à-dire le refuge dans le Dhamma. Que signifie le mot Dhamma ? En fait, le Bouddha est la personnification du Dhamma. Toutes les nobles vertus comme la compassion sont en fait le corps du Bouddha et celui-ci s’appelle Dhamma kaya. Dhamma kaya est le Bouddha. Il y a un verbe en pâli qui dit que le corps du Bouddha est identique au Dhamma. En nous développant chaque jour, petit à petit nous atteindrons ce corps de Dhamma. On parle du Dhamma par convention mais en réalité ce terme est identique avec la nature du Bouddha. Nous abordons maintenant le point suivant : prendre refuge dans la Sangha. Ici le mot Sangha se réfère aux disciples du Bouddha : Sariputta, Moggallana, Kassapa, Anuruddha et tous les autres. Ces arahats sont d’une pureté absolue et ils possèdent toutes les vertus parfaites. Ils possèdent donc également ce corps de Dhamma. Prendre refuge dans la Sangha signifie de prendre le chemin grâce auquel on développera soi-même ces vertus. En fait, lorsqu’on dit : «je prends refuge dans le Bouddha, le Dhamma ou la Sangha », on dit la même chose de trois manières différentes. En fait cela signifie que nous nous rapprochons de la réalisation de cette nature de Bouddha par nos actions, nos paroles et nos pensées un instant après l’autre. Maintenant je pense que le sens du refuge dans le Bouddha, le Dhamma et la Sangha est clair. Quels sont donc les devoirs de ceux qui suivent le Bouddha ? La réponse de celui-ci est : s’abstenir de tuer, de voler, d’avoir une mauvaise conduite en ce qui concerne les désirs sensuels, s’abstenir de mauvaises paroles, s’abstenir de prendre de la drogue ou de boire de l’alcool. Au sujet du premier point : un Bouddhiste devrait s’abstenir de faire du mal, de nuire consciemment aux êtres. Pourquoi faut-il s’abstenir de tuer et de nuire aux d’autres ? Le Bouddha en a donné une bonne explication à une certaine occasion lorsqu’il visitait un village. Les villageois s’étaient assemblés autour de lui et lui posaient des questions : « Seigneur Bouddha, nous sommes des fermiers et nous avons des familles ; étant fermiers, nous devons planter et semer. Nous avons notre travail à faire et également nos enfants, nos parents et notre famille à charge. Il nous faut être bienveillant envers nos amis et lorsque de pauvres gens viennent vers nous en nous demandant de l’aide, nous devons être capables de les soutenir. Il y a tellement de responsabilités et tellement de choses à faire que nous n’avons pas le temps de nous consacrer à des pratiques spirituelles. Nous n’espérons pas pouvoir atteindre l’état d’arahat dans cette vie et nous ne pensons pas pouvoir pratiquer la concentration à un haut niveau, car nous avons tellement d’autres choses à faire. Vénérable Maître, ce que nous attendons de vous, ce sont des instructions différentes. Nous voudrions vivre une vie paisible et heureuse ici et renaître heureux après notre mort. C’est tout ce que nous demandons. Alors, s’il vous plaît, donnez-nous les instructions qui nous permettront de vivre une vie paisible et heureuse ici et de renaître dans un lieu heureux après notre mort. » Le Bouddha donne des enseignements en fonction de la capacité et de l’état d’esprit de ceux qui l’écoutent. Car de la même façon qu’un médecin ne peut pas donner les mêmes traitements à tous les patients mais qu’il doit les varier en fonction de la maladie, le Bouddha enseigne suivant le degré de compréhension des gens. Il y avait des gens qui avaient de grandes capacités et qui étaient dotées d’un esprit philosophique, pouvant très bien comprendre les enseignements supérieurs. A eux le Bouddha a enseigné des méthodes permettant d’atteindre l’état d’arahat en une seule vie. Il y avait des gens qui ne pouvaient atteindre que les absorptions leur permettant de renaître en un lieu qui correspond à leur degré de jhaana. A ceux là, le Bouddha donnait un certain exercice de concentration. Puis il y en avait d’autres qui n’avaient pas de capacités pour se développer en une seule vie et qui n’étaient capables de suivre que quelques préceptes afin de renaître dans un lieu agréable. Le Bouddha a vu le monde comme un ensemble de gens de caractère et de capacités différentes. Si on donne une image, on ne peut donner les instructions qu’on donnerait à des enfants d’une crèche ou d’un jardin d’enfant à des gens intelligents et à l’inverse, on ne peut donner des instructions destinées à des gens à intelligents à des enfants de maternelle. Le Bouddha donnait des instructions différentes en fonction des différents états que chacun avait la capacité de développer. Il voyait que ces villageois n’avaient pas la capacité d’atteindre l’état d’arahat en une seule vie et donna alors des instructions qui permettent de passer une vie heureuse et honnête afin de pouvoir renaître dans un lieu agréable après la mort. Il leur dit : « Vous voulez savoir comment vivre heureux et renaître dans un lieu agréable après votre mort ? Si c’est ce que vous voulez, je vais vous l’enseigner. Puis-je vous poser une question ? Supposez que quelqu’un venait et qu’il soit sur le point de vous frapper ou de vous tuer, aimeriez vous cela ? » Ils répondirent : « Oh ! Non, Vénérable. Nous n’aimerions pas cela du tout.» « Pourquoi ? » demanda le Bouddha « Parce que nous ne supportons pas la souffrance, nous en avons peur. Nous voudrions vivre aussi longtemps que possible et nous ne désirons pas être tués par qui que ce soit. Nous sommes attachés à notre vie et donc nous n’aimerions pas cela. » Le Bouddha répondit : « Pas seulement vous mais toutes autres personnes ressentent la même chose. Les autres non plus, n’aiment être tués ou battus, ils craignent aussi l’angoisse et d’autres problèmes, ils ont peur de la mort, ils sont tous comme vous. C’est facile à comprendre : vous n’aimez pas qu’on vous tue ou qu’on vous fasse du mal et il en est ainsi pour tous les autres. Vous comprenez bien que de la même façon que vous êtes attachés à votre vie, tous les autres y sont également attachés. Vous n’aimez pas être tué ni blessé et les autres n’aiment pas cela non plus. Puis il leur demanda : «Trouvez-vous cela correct de faire à d’autres ce que vous n’aimez pas que l’on vous fasse ? » Ils répondirent : « Non, Seigneur, ce n’est pas juste. » « Alors comprenez, réfléchissez et prenez la ferme décision de ne pas tuer ni de faire du mal à qui que ce soit. » (C’est le premier précepte : s’abstenir de tuer, de faire de mal à qui que ce soit. Ceci est le premier devoir.) Puis le Bouddha demanda : « Supposez que quelqu’un vienne et vole vos biens. Aimeriez-vous cela ? Est-ce que vous aimeriez souffrir de ce vol, de cette perte ? » « Oh non, Seigneur, nous n’aimerions pas cela. » « Les autres non plus n’ont aucune envie de perdre quelque chose. Vous voulez conserver les propriétés qui vous appartiennent et il en est de même pour les autres. Si vous n’aimez pas être dépossédé de vos biens, trouvez-vous correct d’en déposséder les autres ? » Ils répondirent : « Non, Seigneur, ce n’est pas correct. » «Comprenez ce fait : vous n’aimez pas faire à autrui ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse. En ce qui concerne l’adultère aussi, vous devriez suivre la même loi. » Pour ce qui est des mensonges, le Bouddha leur demanda : « Supposez que quelqu’un vienne, qu’il vous trompe en vous racontant des mensonges. Aimeriez vous qu’on vous fasse prendre ces histoires pour la vérité ? » « Non, nous n’aimons pas qu’on nous raconte des mensonges et nous n’aimons pas être trompés par les autres » « Tous les autres, tous les individus ressentent de cette même façon. Personne n'aime être trompé. Par conséquent, ne dites pas de mensonges, ne trompez pas car vous n’aimeriez pas qu’on vous le fasse. » Puis le Bouddha passa au point suivant : l’amitié à l’intérieur de notre famille et parmi nos amis. « Supposez qu’une personne commence à médire derrière votre dos en essayant de vous séparer de votre famille. Aimeriez vous cela ? » Ils répondirent : « Non, nous n’aimerions pas du tout cela. Nous voulons conserver notre amitié et de bonnes relations avec notre famille et nos amis. » Le Bouddha répondit : «Non seulement vous mais tous les autres n’aiment pas être séparés de ceux qui leurs sont chers. En conséquence, ne faites pas à d’autres ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse. Essayez donc de vous abstenir de dire des paroles qui peuvent séparer ou couper une relation amicale. » Le Bouddha demanda : « Imaginez que quelqu’un s’adresse à vous en vous injuriant, en vous disant des mots grossiers. Est-ce que vous aimeriez cela ? Est-ce que vous aimez qu’on vous brutalise de cette manière ? » « Non, Seigneur. » « Pas seulement vous mais tous les autres non plus n’aiment pas qu’on s’adresse à eux de façon cruelle, avec des mots grossiers ou des injures. Comprenez cette vérité : si vous ne voulez pas qu’on s’adresse à vous de cette manière vous ne devez pas le faire envers les autres. En comprenant cette vérité, abstenez-vous de vous adresser aux autres en employant des paroles dures. » Puis le Bouddha parla du point suivant : les bavardages. « Notre temps est très précieux et la durée d’une vie est très courte. Nous n’arrivons même pas à dépasser les 120 ans ; au contraire, chaque jour, à chaque instant nous rapprochons de la mort et notre vie est raccourcie. En fait, notre temps est plus précieux que de l’or. Ainsi, quand nous utilisons notre temps, nous devons en faire bon emploi. Lorsque nous prononçons le son d’un seul mot nous utilisons quelques particules de notre corps ; si nous prenons ce temps et cette énergie précieuse pour proférer des paroles oiseuses et inutiles, nous nous faisons tort à nous-mêmes. Ainsi, si nous devons utiliser la parole, si nous devons parler, utilisons des paroles utiles pour nous-mêmes et pour les autres qui nous serviront à progresser dans cette vie ou dans les vies futures. » Ici le Bouddha conseille de ne pas passer le temps en bavardage oisif. Puis il parla du point suivant : «Supposez que quelqu’un convoite vos biens. Aimeriez vous cela ? » « Non, Seigneur, si nous ressentons qu’une personne a ce genre de désirs, nous nous sentons mal ou blessés. » « Mais tous les autres sont comme vous, sur ce plan là aussi. Alors prenez soin de pas convoiter les biens des autres. » Le point suivant est : la mauvaise volonté ou la mauvaise intention. « Supposez que quelqu’un soit jaloux de vous ou mal intentionné à votre égard. Est-ce que vous vous sentiriez heureux ? » « Non, Seigneur. » « Sur ce plan là aussi, tous les autres sont comme vous. Alors, essayez d’être bienveillant envers les autres, de ne pas avoir mauvaises pensées à l’égard des autres quand vous êtes en colère et de supporter tous les problèmes. Pour cela, vous devez développer l’amour bienveillant. Quand vous voulez le pratiquer en tant que laïcs, il y a tellement de passion à ce moment là, que vous n'y arrivez peut-être pas. Quelque fois vous arriverez très bien à le pratiquer pour votre famille, vos amis ou vos enfants. Mais soudain vous vous souvenez de quelqu’un qui vous a fait du mal. Si vous essayez de pratiquer l’amour bienveillant à ce moment là, vous ne pouvez pas surmonter votre rancune. Mais il faut arriver à aller au-delà, il faut que vous arriviez à étendre cet amour bienveillant envers cette personne. Comment peut-on y arriver quand il s'agit d’un ennemi ? Supposez qu'un jour quelqu’un vous ait battu de ses mains. Maintenant vous le rencontrez à nouveau et vous vous demandez qui est le coupable ? Il vous a battu avec sa main - allez vous punir sa main ? Etes vous en colère avec sa main ? Ou êtes vous en colère avec son corps ? Il s'agit d'identifier votre véritable ennemi. Si la pensée ne lui était pas venue de vous battre, son corps n’aurait pas réagi comme cela. Pour faire quelque chose il faut d’abord y penser et c’est sa pensée qui a fait que son corps et surtout sa main vous ont battus. Le corps est comme une voiture et l’esprit est comme le conducteur. Si la voiture écrase quelqu'un punissez-vous la voiture ou le conducteur ? C’est son esprit, sa pensée qui vous a battu, cette cruauté est l’évidence de son esprit. Il avait cet esprit cruel et erroné, il a utilisé sa main et s’il n’avait pensé de cette manière, sa main ne serait pas élevée contre vous. En fait, sa main et son corps sont innocents. Il ne faut pas punir le corps, mais celui qui utilise ce corps et cette main. C’est son esprit qui avait fait cette chose, mais celui-ci n’est pas en colère tout le temps. Quelque fois il est plein de bonté et des vertus s’y manifestent. La bonté se manifeste dans votre esprit de la même manière que dans son esprit à lui. Comment peut-on alors considérer que c'est vraiment son esprit qui a commis cet acte? Il y avait seulement un moment où la colère s’est élevée en lui et que le corps a réagi de cette manière en vous faisant mal. Mais en fait, ce corps et cet esprit sont devenus fous sous l’influence de la colère. Car d’autres fois son esprit n’était pas si hostile envers vous. La colère est la même, qu’elle se manifeste dans son esprit, dans le vôtre ou dans celui de n’importe qui d’autre. Ce n’est pas son esprit qui doit être puni mais la colère qui l’a envahi. Mais comment punir la colère ? Il faut tuer la colère qui est l’ennemi. Comment pouvez vous éliminer la colère de votre cœur ou de son esprit ? Supposez que vous alliez vous venger. Sa colère va devenir de plus en plus forte vis-à-vis de vous et au lieu d’être éliminée, elle va croître. Comment alors la déraciner de son cœur ? Eh bien même s’il vous a battu, quand vous le rencontrez, vous devez être bienveillant à son égard, plein de bonté. Essayez cela une fois, deux fois, plusieurs fois même si sa colère continue à se manifester et à la fin, elles finira par s’estomper si vous continuez patiemment à lui montrer de la compassion et de la bienveillance. Et donc maintenant vous êtes vengé de cet ennemi qu'est la colère dans son cœur. Le Bouddha a répondu à ce dilemme par ces vers : « La colère ne peut pas être arrêtée par la colère ; seule la bienveillance en viendra à bout. Ceci est une vérité éternelle. » Il faut comprendre cette tendance, comprendre la faiblesse de notre esprit et comprendre, que aussi dans celui de tout le monde et pas seulement le notre ces faiblesses se manifesteront tant que nous n’aurons pas atteint l’état d’arahat et que c’est à cause de cela les gens perpétuent des crimes. Nous aussi nous en commettons à cause de cette faiblesse. Il faut comprendre que c’est le penchant naturel des gens de ce monde. Si quelqu’un dit que la colère se manifeste dans son cœur, à ce moment là son corps et son esprit sont tous les deux souillés. Il s’est fait un obstacle, un empêchement à son développement et en fait, il a nuit à son progrès mental ou spirituel. En fait nous devrions avoir pitié d’une telle personne parce que ses colères l’ont d’abord souillé lui-même. Il est tombé dans une mauvaise voie et le destin de celui qui suit la mauvaise voie est la souffrance. Au lieu de se mettre en colère vis-à-vis à une telle personne, on doit, au contraire, en avoir pitié. Pourquoi devriez vous vous souiller en vous mettant en colère contre cette personne qui se souille elle-même et gâche ses qualités en se mettant en colère ? Pourquoi devriez-vous attraper la même maladie qu'une personne malade? Cette colère est une folie et si une personne devient folle et commet des actes fous, vous ne devez pas, vous aussi le devenir et vous comporter comme elle. Il faut donc être attentif avant de faire quoi que ce soit. Il faut réfléchir et ne pas prendre exemple sur des gens cruels, mais plutôt sur quelqu’un comme le Bouddha. Il faut se dire : « Il avait de la compassion, même vis-à-vis à ses ennemis et je vais suivre cette voie jusqu'à ce que j’atteigne la nature de Bouddha. En tant que ses disciples, nous ne me mettrons pas en colère, même si les gens nous tuent ; nous ne devons pas polluer ou souiller notre esprit même si nous sommes dans une situation extrême. Nous devons le garder plein de compassion et de pureté. Même si nous sommes d’une nature héroïque, nous devons supporter avec patience tous ces problèmes, toutes ces souffrances en cultivant la bienveillance. Protégez votre esprit de toutes mauvaises intentions et de toutes colères de cette manière. Voici les conseils que le Bouddha a donnés à ces villageois : « S’abstenir de tuer, de voler et de commettre tout acte ou pensées mauvaises. Si vous suiviez ces instructions, vous pourrez avoir une vie heureuse et paisible et renaître dans un lieu heureux après la mort. » Observer les cinq préceptes est le devoir de tout Bouddhiste. En résumé je vous dirais que vous devez faire des actes qui soient bons, dire des paroles justes et avoir des pensées bienveillantes ; vous devez vous abstenir autant que vous pouvez de mauvaises pensées et de mauvais actes ou paroles. Ceci est le sentier qu’un véritable disciple du Bouddha doit suivre et qui lui permettra de trouver la paix et le bonheur dans cette vie même et de renaître dans un monde heureux. Grâce à ces instructions du Bouddha, nous comprenons ce doit être la pratique d’un Bouddhiste. A la suite de la première question, la personne citée plus haut en posa une deuxième au Bouddha : « Quelle est la juste façon de gagner sa vie lorsqu’on suit le Bouddha ? » « D’abord c’est un devoir pour un homme de gagner sa vie. Il doit avoir des biens et les obtenir de manière correcte. Il y a tellement de façons erronées de gagner sa vie. Il y a des personnes qui font du mauvais commerce, comme par exemple du commerce d’esclaves. Le Bouddha a dit que ses disciples devaient absolument s’abstenir de ce genre d’affaires. De même il devraient s’abstenir d’élever des animaux pour les vendre ou de gagner leur vie en vendant des drogues qui intoxiquent les animaux et les gens. Il y a des gens tout à fait malhonnêtes qui arrivent à gagner de l’argent de la façon suivante : supposez que vous avez un serviteur à la maison qui travaille cinq heures par jour pendant les jours de la semaine. A la fin du mois, il touche une certaine somme. Supposez qu’au lieu de travailler les cinq heures prévues, il ne travaille que deux ou trois heures par jour et que le reste du temps, il parle ou passe son temps à faire autre chose pour finalement toucher son salaire de cinq heures. Cela est malhonnête. Il y a tellement de mauvaises façons de gagner sa vie en tuant des animaux ou en trompant les gens. Cela est vraiment malhonnête. Le Bouddha nous conseille de pratiquer au moins l’amour bienveillant si nous ne sommes pas capables de pratiquer la méditation. A son l’époque, les laïcs qui le suivaient, observaient les cinq préceptes tous les jours. Selon le calendrier indien, il y a quatre jours fériés Bouddhiques : la pleine lune, la nouvelle lune, le septième jour qui suit la pleine lune et le septième jour qui suit la nouvelle lune. Pendant ces quatre jours les laïcs qui suivaient le Bouddha observaient les huit préceptes. Les huit préceptes se composent des cinq préceptes et de trois préceptes supplémentaires. En temps ordinaires ils ne suivaient que les cinq préceptes, mais durant ces quatre fériés ils observaient les huit préceptes. En observant les cinq préceptes tous les jours, ils devenaient des gens droits. Ils observaient les huit préceptes une fois par semaine et se rapprochaient de plus en plus du chemin suivi par les disciples les plus proche du Bouddha. Pour suivre les huit préceptes ils doivent s’abstenir de tuer, de voler, d’avoir des activités sexuelles, de prononcer de mauvaises paroles, de prendre des drogues ou des boissons intoxicantes, de manger aux heures non convenables (après midi), d’assister à des danses, des chants et des spectacles mondains, s’abstenir de l’usage de parfums, d’onguents et de tout ce qui orne et embellit le corps et enfin d’utiliser des sièges hauts et confortables. Ces jours là ils doivent s’abstenir des mauvaises paroles ou de boire de l’alcool. Ils ne doivent pas consommer trop de nourriture, c’est à dire qu’après le repas de midi, ils ne mangeront plus rien. Ils s’essayent de vivre une vie d’une façon aussi simple que possible. Durant ces jours fériés, ils évitent de porter des parures ou des bijoux et ils portent des vêtements dépouillés. Ils s’abstiennent de chanter, de danser et de rechercher toutes sortes de plaisirs. Voilà ce que sont les huit préceptes qu’observaient les disciples laïcs du Bouddha. Celui-ci leur avait dit : « Si vous observez ces huit préceptes, vous vous rapprochez de plus en plus de la vie d’un moine, mais il faut absolument pratiquer sans relâche l’amour bienveillant et le rayonner dans tout l’univers." Alors ces laïcs, passaient les jours fériés en pratiquaient les huit préceptes du matin jusqu’au soir et surtout ils généraient l’amour bienveillant vis-à-vis de tous les êtres. Admettons que quelqu’un pratique ces huit préceptes aujourd’hui. Le lendemain matin il va se réveiller et continuer avec les cinq préceptes habituels, mais la pratique qu’il a faite aujourd’hui, va influencer les jours qui vont suivre. Les jours suivants il va garder les cinq préceptes et le septième jour les huit préceptes comme auparavant. Mais la deuxième semaine, il améliorera l’observance de ces huit préceptes, parce qu’il a déjà vécu une journée sainte, loin des plaisirs sensuels et que celle-ci va influencer la deuxième. De cette manière, il va s’améliorer progressivement de semaine en semaine et progresser spirituellement. Si un homme ou une femme suit cette vie religieuse pendant deux ou trois ans, que va-t-il se passer ? Eh bien, il sera capable de vivre une vie sainte comme un moine. Il aura une vie très simple, mais des pensées très nobles ; il sera quelqu’un de bienveillant, une personne au noble cœur et sera un exemple pour tous les autres. Ceci est la voie suivie par les disciples du Bouddha, qui ont pris refuge en lui ainsi que dans le Dhamma et la Sangha et qui suivent les préceptes pleinement et correctement. Je vous ai donc parlé des choses très simples qui concernent la vie à mener si on suit la voie Bouddhiste. Je crois que vous avez déjà suivi cette voie et que vous êtes devenus des Bouddhistes. Vous vous efforcez de votre mieux et je crois que dans cette vie, si vous continuez comme cela, vous allez devenir des personnes nobles spirituellement. Chaque jour, dans votre pratique, vous pouvez développer cette méditation d'amour bienveillant. Le Bouddha a dit que si en plus d'observer les cinq et les huit préceptes, l’on est capable de pratiquer l’amour bienveillant on en dérive vraiment beaucoup de bénéfices. Celui qui le pratique a un sommeil profond, ne fait de cauchemar et tous le monde se sent attiré par lui ; il attirera même les êtres spirituels et les démons ; au moment de la mort il sera calme, paisible et partira tranquillement pour renaître dans un lieu heureux. Donc la vie d'un non-monastique peut-être heureuse et paisible et produire des renaissances heureuses pour conduire progressivement au nirvana. Même des laïcs qui sont capables d'observer les préceptes et de faire un peu de méditation arriveront à se développer spirituellement, s’ils peuvent en plus pratiquer l’amour bienveillant. Aujourd’hui je vous ai parlé de laïcs qui vivent dans le monde et j’espère que les concepts que je vous ai donnés pourront vous être utiles. En les pratiquant vous aurez une vie heureuse imbibée de la gloire des Trois Joyaux. Pour conclure cette soirée, je voudrais vous remercier de m’avoir écouté. -------------------------------------------------------------------------------- FORMATION DE L’IMAGE DU BOUDDHA Par Mme.Véronique COMBE De son vivant, le Bouddha aurait autorisé que soit reproduite son image, à la demande expresse du souverain d’un de ses disciples. L’événement se serait produit alors que la présence du Bienheureux, parti au ciel d’Indra enseigner sa doctrine à celle qui avait été sa mère, manquait cruellement aux hommes. C’est pour combler ce manque que le Bouddha aurait accédé au souhait formulé. Cette tradition est à l’origine de l’appellation donnée à une série de statues dites d’Udayana, œuvres qui sont supposées reproduire cette image originelle. Pour les historiens d’art toutefois, les choses se présentent différemment. On n’a retrouvé pour l’heure, aucune image, sculptée ou peinte, que l’on puisse faire remonter à l’époque du Bouddha. Schématiquement, les premiers siècles de l’art Bouddhique en Inde sont marqués par quelques grandes étapes : époque d’Ashoka, III ème siècle avant l’ère chrétienne. Les plus anciens stupas, les premiers temples rupestres, l’art aniconique de Bhârhût, Sânci, Bodh Gayâ : II ème siècle avant l’ère chrétienne –début de l’ère chrétienne. Les 3 écoles d’art Bouddhique dit ‘primitif’ : Mathurâ, Gandhâra, Amaravatî, trois premiers de l’ère chrétienne. Début d’un art Bouddhique classique : dynastie Gupta IV ème -V ème siècle de l’ère chrétienne. De l’époque d’Ashoka, célèbre pour avoir été le premier Indien de grande envergure à avoir ouvertement professé le Bouddhisme, et pour avoir été un grand bâtisseur de stûpa, il ne nous reste que peu de vestiges. Quelques traces archéologiques de sa capitale, des sculptures, et surtout les célèbres colonnes dont le fût porte le texte des édits par lesquels le souverain engage ses sujets à imiter son exemple dans la voie Bouddhique. Le chapiteau, plusieurs de ces colonnes a été préservé, et montre, dans son décor, des éléments susceptibles d’être compris comme des symboles Bouddhiques, la roue notamment. L’un d’entre eux, le chapiteau de Sârnâth est devenu l’un des symboles de I’Union Indienne. Mais c’est surtout à partir de la deuxième phase que les choses se mettent en place. L’édifice majeur de l’architecture Bouddhique est alors le stûpa : massif de maçonnerie hémisphérique évoquant par sa silhouette un tumulus. Le corps du stûpa est plein, et traversé, au moins partiellement, par une hampe porteuse de parasols. L’emplacement ou la hampe pénètre dans le sommet de l’édifice est marqué par un massif cubique de maçonnerie ou une petite balustrade carrée. A la base du stûpa enfin, un chemin de circombulation rituelle est fréquemment délimité par une balustrade monumentale, la vedika, dotée d’une ou 4 ouvertures en chicane, marquées par des arches de pierre, les torana. A l’origine, seules les balustrades et les torana étaient décorées. L’art est alors aniconique : l’image anthropomorphe du Bouddha en est absente. La raison fondamentale serait qu’il n’apparaissait pas logique de donner une forme au Bienheureux entré dans le Nibbâna. Quoiqu’il en soit, les artistes qui réalisèrent ces reliefs, parfois naïfs, et teintés de quelques maladresses, mais toujours extrêmement vivants, surent tourner la difficulté en évoquant indirectement la présence du Bouddha par un choix judicieux de symboles adaptés au moment représenté : parasol signe de sa dignité, arbre pour l’Eveil, empreinte de pied, trône vide pour sa simple présence, roue encadrée de gazelles pour le premier sermon, petit stûpa pour le Nibbâna. Trois thèmes essentiels sont retenus dans les reliefs ornant vedika et torana du grand stûpa de Sânci : la vie de Bouddha, l’évocation de l’Eveil de ses prédécesseurs immédiats, les récits de ses existences antérieures. II est aussi question de certains épisodes du geste du roi Ashoka. Certaines écoles, celle d’Amaravati notamment, dont les débuts remontent au l er siècle avant l’ère chrétienne, resteront plus longtemps fidèles à cette tradition aniconique. Au début de l’ère chrétienne, le nord de l’Inde, et aussi des territoires aujourd’hui inclus dans les frontières du Pakistan et de l’Afghanistan, sont sous le contrôle de dynasties d’origine nomades centre-asiatiques, les Kushân. Le Bouddhisme voit se développer en son sein des tendances qui aboutiront à la formation du Mahâyâna, et la vie religieuse se teinte d’un fort courant de dévotion. Pour répondre à la fois aux transformations doctrinales, et aux aspirations croissantes des fidèles laïcs, une image du Bouddha est donc crée. Deux ‘écoles’ artistiques, Mathurâ (au sud de Delhi) et le Gandhâra (région située au nord-ouest de l’Inde) peuvent en revendiquer la paternité. La question n’est, à ce jour, toujours pas tranchée. L’iconographie, à cette époque, se cherche encore, mais déjà, sont présents certains traits physiques marquant en la personne du Bouddha, son caractère de Mahapurusha- Grand Homme, dans la tradition indienne. Ce sont les 32 signes principaux et 80 signes secondaires, les lakshana auxquels les textes font largement allusion, et qui permirent aux sages consultés à la naissance du futur Bouddha, de prédire sa dignité à venir : Pieds bien posés, roues sous la plante des pieds, talons larges, doigts longs, mains et pieds doux et délicats, mains et pieds recouverts de réseaux, pieds à cheville haute, jambes d’antilope, peut toucher ses genoux sans se baisser lorsqu’il est debout, ce qui est caché par le vêtement. (i.e. sexe) enfoui dans une gaine, teint d’or, poils tournés vers la droite, poils pointe en l’air, les membres rectilignes, 7 protubérances, partie supérieure du corps semblable à celle d’un corps de lion, les aisselles, la rotondité du banian, les ramifications du tronc régulièrement arrondies, la finesse supérieure du goût, une mâchoire de lion, 40 dents, des dents égale, des dents bien blanches, la langue large, la voix de brahman, des yeux très noirs, des sourcils de génisse, une touffe blanche entre les sourcils (ûrnâ) une protubérance sur la tête (usnîsa). Nombre de ces traits ne sont que des critères traditionnels de beauté selon les canons indiens. D’autres, plus marquants – l’usnîsa, l’urnâ, les traces de roue – seront retenus systématiquement, mais interprétés différemment selon les écoles, dans les débuts de l’art Bouddhique. Il est par ailleurs, déjà de règle de représenter le Bouddha portant les vêtements des religieux, et dénué de toute parure, cette dernière règle souffrira une exception lorsque sera créée l’image du Bouddha paré. Ecole de Mathurâ : l’image la plus caractéristique représente le Bouddha debout ou assis, le vêtement monastique découvrant largement l’épaule droite, et formant des plis sur le bras gauche autour duquel il est enroulé. La coiffure est lisse, et l’usnîsa est traitée en petit chignon enroulé. L’ûrna est, elle, évoquée par un simple cercle en léger relief ou incisé entre les yeux. Debout, le Bouddha porte souvent le poing gauche sur la hanche. Dans les images assises, la même main est posée sur la cuisse correspondante. La main droite levée, paume tournée vers l’avant, esquisse un geste déjà proche de l’abhaya mudra, geste de protection et de bénédiction. Ecole du Gandhâra : ici, le vêtement, manifestement plus épais, couvre une ou deux épaules selon les phases d’évolutions de l’école. Le drapé en est nettement marqué, et il arrive que le Bouddha en tienne l’extrémité d’une main. Le Bouddha est figure seule ou encadré d’assistants, debout ou assis ou encore occupé à quelque activité dans les reliefs figurant l'un ou l’autre des épisodes de sa vie. La coiffure est constituée de fines boucles recouvrant également l’usnîsa. Ecole d’Amaravati : dans l’Andhra Pradesh, l’école d’Amaravati perpétue plus avant dans le temps la tradition aniconique. Ce n’est qu’au XI ème siècle de l’ère chrétienne, et très exceptionnellement encore, que l’image du Bouddha fait son apparition dans son art. Les deux épaules sont couvertes par le drapé du manteau. La coiffure est constituée de boucles aplaties et l’usnîsa est visible mais peu marquée. Il semble qu’au sein de cette école, le choix de l’une ou l’autre des options était dictée par l’appartenance sectaire des commanditaires. Un point commun toute fois : dans les trois cas, La figure du Bienheureux se détache sur une auréole dont le décor, quand il existe, est encore très sobre. Vers 320 dans la vallée du Gange, Candraputa I er fonde la dynastie Gupta, sous l’autorité de laquelle l’Inde devait connaître une quasi-unification, et un épanouissement culturel exceptionnel. D’orientation religieuse hindoue, les souverains Gupta laisseront toute fois s’exprimer librement les autres tendances. Le bouddhisme, et partant l’art Bouddhique, profitent pleinement de ce climat de tolérance. Les critères iconographiques majeurs sont dés lors acquis ; le Bouddha sera représenté, dans la majorité des cas, selon trois attitudes, assis selon diverses modalités ; lotus, demi-lotus, à l’Européenne debout, allongé sur le côté droit. Moins fréquente, cette dernière position reste longtemps réservée à l’évocation du parinibbâna. Par la suite, on envisagera d ‘évoquer également ainsi le repos du Bienheureux. Par ailleurs, un répertoire de gestes caractéristiques est mis au point. On notera que ces gestes ; les mudrâ ou «sceaux », ne sont pas tous spécifiques à l’iconographie Bouddhique. Les principaux mudrâ sont les suivants : abhaya mudrâ : la main levée, paume vers l’avant. Geste de l’absence de crainte, protection et bénédiction. bhûmisparsa mudrâ : spécifique à l’évocation des assauts de Mâra –juste avant l’éveil, le geste de la «prise de la terre comme témoin » montre la main droite touchant le sol du bout des doigts, appelant la déesse terre à témoigner de l’absolue impassibilité et du nombre incommensurable des mérites du Bouddha dharmacakra mudrâ : les deux mains rapportées vers la poitrine, pouce et index joints : la gauche à l’horizontale, la droite à la verticale. C’est le geste de la mise en mouvement de la Roue de la Loi. Geste d’enseignement, lui est, au départ, spécifique à l’évocation de sermon de Sârnâth. dhyâna mudrâ : spécifique à l’évocation de la méditation. Les mains dans le giron, posée d’une dans la paume de l’autre, le Bouddha étant assis. varada mudrâ : main baissée, paume tournée vers l’avant, c’est le geste du don. vitarka mudrâ : main levée, pouce et index joints en cercle, les autres doigts dressés, c’est un geste d’argumentation. L’image du Bouddha suit un canon en passe de devenir classique : le corps, très moulé par le vêtement qui couvre les deux épaules larges, hanche étroite, jambe longue. Le visage est plein, aux grands yeux demi-baissés, aux arcades sourcilières très arquées prolongeant l’arête du nez, à la bouche charnue et bien dessinée. Les lobes d’oreille sont étirés : cette particularité morphologique, conséquence du port prolongé de lourds bijoux durant sa vie princière, finira, en extrême orient, par être intégré à la liste des lakshana. La coiffure bouclée a été définitivement adoptée, et l’usnîsa est bien marquée ; l’urna, en revanche, est fréquemment absent sur la sculpture parvenue jusqu'à nous, mais, selon toute vraisemblance, était marquée par la peinture qui, autrefois, recouvrait ces œuvres. L’auréole qui encadre très largement la figure, est maintenant ornée de multiples registres décoratifs. Deux tendances majeures, Mathurâ et Sârnâth, dominent l’art Bouddhique dans l’empire Gupta ; elles sont essentiellement différenciées par les matériaux qu’elles privilégient, grès rose à Mathurâ, beige à Sârnâth, et par le traitement réservé au vêtement monastique du Bouddha : plissé dans la première, lisse dans la seconde. L’image est frontale et plus «autoritaire » dans l’école de Mathurâ. Le déhanchement, plus marquée du corps, une plus grande douceur du visage, confèrent en revanche aux Bouddhas de Sârnâth, un aspect spiritualisé. L’image idéale du Bienheureux est établie, sur la quelle se fonderont quasiment toutes les traditions artistiques ultérieures, en Inde comme ailleurs. -------------------------------------------------------------------------------- A Buddhist Approach to Social Welfare by Venerable Tawalama Bandula Almost all countries now have some form of centrally organized social welfare provision, the scale and scope of which is largely dependent on the particular nation’s wealth and resources. However, even in the rich and highly developed "first world" countries, demand by far exceeds supply and governments have found it impossible to provide all the services demanded by their citizens. In many Western countries, the shortfall between supply and demand has been greatly aided by the work of various non-governmental voluntary agencies. It is also encouraging to see that, in many eastern countries, wealthy Buddhists have also come forward to establish many privately run social welfare organizations. The concept of social welfare is far from being new to Buddhism. Indeed the Buddha’s prime concern was the welfare, both religious and material, of all people. It was the Buddha, after all, who is quoted as saying to his disciples "Go ye forth, Oh Bhikkhus, and wander forth for the gain of the many for the welfare of the many, in compassion for the world, for the good, for the gains, for the welfare of gods and men". The Buddha was not only a "humanist", in the widest sense of the word, but he was also a social reformer. He could easily be described as one of the first social activists, for both he and his disciples wandered far and wide preaching against the social evils of animal sacrifice, cast prejudice and the slavery of women all of which were prevalent in Ancient India. Furthermore, in establishing the Sangha (order of monks), the Buddha was trying to put the whole effort of the relief of human suffering onto a more permanent basis. This concern for social welfare did not die out within Buddhism after the death of the Buddha. The great Indian Buddhist emperor, Asoka, made great efforts to influence contemporary Indian society through the Buddha’s teachings. He saw Buddhism very much as a practical religion, which could help to mould a better and more compassionate society. Sri Lanka and most other Buddhist countries have practiced this sort of Buddhism for many hundreds of years despite the inevitable problems and difficulties brought about by foreign invasions and oppressions. However, the time has now come for Buddhism to take its place in society and its principles must influence for the better the changes that are presently taking place in the world. The welfare of others is not ignored but positively catered for in Buddhism. "dæna" (Selfless giving) is seen as the first principle in helping other people’s sufferings without undermining the individual’s dignity. It should be remembered that, in Buddhism, dæna is not a matter of asserting one’s superiority but rather having the satisfaction of sharing one’s good fortune with those in need of it. It is a golden opportunity for mutual gain, which benefits in equal parts both the giver and the receiver. The Buddha himself was very outspoken with regards to certain aspects of social welfare and so it is very far from the mark to suggest that Buddhism sacrifices social and economic welfare of people to lofty and idealistic philosophical principles. The Buddha directly teaches us to show genuine loving-kindness to all sentient beings. Whatever can be beneficial to others, we Buddhists should be ready willing and able to give to others without the merest thought of self-reward or gain of any sort. As the Buddha quite clearly pointed out, "karunæ" (Compassion) is the virtue that urges humanity to engage in working for the good of others. The world is full of sorrows and sufferings brought about in large measure by humanity’s own failings. These failings can and must be eradicated as soon as possible. They can be disposed of quite simply through the sublime teachings of the Buddha. If we wish to live in a world in which humanity no longer fears the scourge of war, disease and disaster, if we wish to live in a world in which humanity can devote its time to mutual self-advancement in which everyone has a part to play regardless of race, religion, nationality or class, then we have to put the Buddha’s teachings into practice and thereby create a society in which individual wealth is limited and poverty is a thing of the past. Through the use of the "brahma vihæras" (Four Sublime Abodes) of "mettæ" (Loving-kindness), "karunæ" (Compassion), "muditæ" (Sympathetic Joy), "upekkhæ" (Equanimity), we can all build a society which is materialistic but with a spiritual outlook. Taking these valuable teachings of the Buddha, Buddhist monks have to play a more active and positive role in helping their communities. In the traditional villages of Sri Lanka and some other Buddhist countries, monks not only act as spiritual leaders but also as community development leaders, opinion formers and social workers. The Sangha organize, supervise and encourage social and material development. They give basic education in hygiene, nutrition and preventive medicine. In the traditional relationship between monks and villagers, there is the potential for much good work to be done in the fields of both the emancipation of the individual and the social advancement of the community. Not only Buddhist monks but also Buddhist organizations have an important role to play in community welfare and social education. Religious values can be an important source of social ideals and principles. The best and most successful way to make Buddhism popular at the present time is to promote Buddhist education. It can be done through the publication of magazines, books and newspapers and by encouraging the younger and coming generation to lead virtuous lives. At present there is a lack of manpower in the community education programs of some countries. This problem can be overcome, however, by encouraging more volunteers to come forward to carry out such community education programs. Far from being unrelated to religious affairs, such programs are totally in accordance with Buddhist teachings. Buddhist organizations can play a very vital role in the guidance of young people. Setting aside race and religion, Buddhist should be in the forefront of any organization and promotion of social, educational, cultural and humanitarian welfare services. It is after all earning anew the legacy left to us by the Buddha. -------------------------------------------------------------------------------- Le développement de la concentration Il y a deux sortes de méditation dans le Bouddhisme. L’une, appelée samatha, vise à rendre l’esprit calme, à arrêter le flot de pensées auxquelles nous sommes sujets sans arrêt. L’autre, appelée vipassana, développe la sagesse qui va nous permettre de réaliser les quatre nobles vérités et par conséquent d’arriver jusqu’au nibbaana (nirvana). De nos jours on trouve beaucoup de littérature sur le vipassana mais moins sur le samatha et c’est pourquoi j’ai choisi de décrire le chemin que l’on parcourt lorsqu’on pratique la méditation samatha, donc la tranquillité, en observant le souffle au niveau des narines (anapana sati). Dans cet article il y a la description en termes traditionnels du développement de la concentration par Lèdi Sayadaw, qui est un très éminent maître de Birmanie, à l’origine de la tradition de Goenka. Comme illustration j’ai choisi un texte du maître de U Ba Khin, le maître de Goenka, qui lui est un célèbre instructeur de méditation contemporain. nimitta samaadhi parikamma nimitta c’est la représentation mentale du souffle qu’on observe irregulièrement au début de la méditation: par exemple on voit bien 2 ou 3 inspire/expire puis l’esprit s’en va en pensées. parikamma bhaavana samaadhi c’est le stade de préparation où on s’applique encore et encore à mettre l’esprit sur le souffle car il s’en va à maintes reprises dans des pensées. uggaha nimitta (clair) c’est la représentation mentale du souffle qu’on arrive à observer sans interruption du début à la fin. On voit le début, le milieu et la fin des chaque inspiration et de chaque expiration. uggaha nimitta (subtil) c’est le souffle qui devient très fin et subtil, à tel point qu’on ne peut parfois plus le trouver. upacaara samaadhi c’est le stade ou on a une concentration qui ressemble déjà au jhaana mais celui-ci n’est pas encore atteint. Il y a très peu de pensés, mais il en reste encore. patibhaaga nimitta (instable) c’est l’image mentale qui apparait à l’endroit ou on a observé le souffle. Cela peut être une perle, une pierre précieuse, une boule de coton etc. A ce stade cette image est encore instable, cequi veut dire qu’on ne la voit que de temps en temps. patibhaaga nimitta (stable) c’est la même image mais elle est devenue fixe, on la voit tout le temps. appana samaadhi c’est le stade ou on entre dans le jhaana et l’esprit est complètement fixé sur le nimitta (l’image mentale) sans dévier vers des pensées ou autres objets. explications concernant le tableau: Dans la partie gauche sont décrits les objets que l’on observe dans la méditation. Nimitta veut dire signe ou image mentale. Dans la partie droite, on voit les stades de concentration correspondants. Samaadhi signifie concentration. Une bonne concentration signifie qu’on a peu de pensées errantes. Pour ceux qui ont déjà fait de la méditation, il y a peu de choses à ajouter, car ils reconnaîtront ce qui a été décrit plus haut. Pour ceux qui n’ont jamais fait de méditation le tableau est reproduit sous forme de texte : Lorsqu’on commence à méditer, on essaye de fixer son attention sur l’orifice des narines pour observer l’air qui entre et qui sort. A l’inspiration l’air pénètre dans le nez et à l’expiration il en ressort. On observe l’air, mais si on réfléchit bien, on s’aperçoit que nous ne pouvons pas regarder l’air avec notre esprit (ni avec les yeux). Il s’agit ici plutôt d’une représentation de l’air qu’on se fait en s’appuyant sur des sensations ressenties au niveau des narines. C’est en quelque sorte de l’imagination, une image mentale (parikamma nimitta) de l’air que nous fixons. Si on observait les sensations produites par le contact de l’air sur la muqueuse du nez, cela reviendrait à l’observation du corps et cela serait de la méditation vipassana. Ici l’objet (l’air) s’appelle paññatti en pali c’est à dire « concept ». On commence donc à observer cet objet et bien sûr, il va y avoir des pensées qui vont intervenir, qu’on le veuille ou non. Au début de la méditation (parikamma bhaavana samaadhi) on ne peut pas fixer son esprit sur le souffle sans interruption. Mais cela reste le but qu’on vers lequel on va et on y parvient petit à petit. Au fur et à mesure que l’on s’entraîne, les pensées deviennent moindres et on arrive d’abord à observer une série de 10 ou 15 inspirations et expirations en série (sans interruption). Puis la série devient de plus en plus longue et finalement on peut observer le souffle pendant dix minutes sans interruption. On voit aussi le début, le milieu et la fin de chaque respiration. Le souffle observé ainsi s’apelle: uggaha nimitta (clair) parcequ’il est perçu clairement. Si on continue à regarder le souffle, il devient très faible et subtile. On a du mal à le sentir et on se demande si on respire vraiment encore. C’est vrai qu’il y a des phases dans la méditation où la respiration cesse complètement, mais ce n’est pas à ce moment-ci. Il faut maintenant simplement attendre patiemment à l’endroit où on avait l’habitude d’observer et après un certain temps, on recommence à voir le souffle. Il s’appelle alors : uggaha nimitta (subtil) parce qu’il est devenu très subtil ou faible. La concentration est alors déjà assez forte, car elle peut voir un objet si fin et subtil ; on lui donne le nom de : upacaara samaadhi. Notons ici que la concentration présente dans la méditation vipassana (sans samatha) est de l’intensité de ce upacara samaadhi. Peu après cela, on aperçoit à l’endroit où on observe le souffle, l’apparition d’une autre image comme une perle, une pierre précieuse, une boule de coton et autres. Celui-ci s ‘appelle le signe de la concentration ou bien : patibhaaga nimitta (instable). On laisse alors de coté le souffle pour se concentrer uniquement sur cet objet là. Au début il va et vient et n’est pas stable car la personne non avertie a des pensées à son sujet, ce qui le fait disparaître. Il suffit alors de recommencer à se concentrer sur le souffle jusqu’à ce que le signe réapparaisse. En pratiquant longtemps, ce va et vient cesse et il reste stable. A chaque fois que l’on commence à méditer, il apparaît sans difficulté. Alors l’esprit peut se fixer entièrement sur cet objet (patibhaaga nimitta (stable). Plus on arrive à le fixer longtemps, plus il devient clair et lumineux et plus l’esprit est incliné à le regarder parce qu’il est fascinant. Alors, quand l’attention reste fixée sans interruption sur le signe, on entre dans ce qu’on appelle le jhaana (absorption). L’esprit est complètement capté et absorbé par cet objet et ne perçoit plus rien d’autre en dehors de lui. C’est ce qu’on appelle (appana sammadhi). C’est une concentration parfaite et elle purifie l’esprit temporairement des états négatifs. Par conséquent on ressent un grand soulagement et un grand bonheur. Mais ces résultats bénéfiques ne doivent pas êtres un but en soi. La méditation samatha est une préparation pour la méditation vipassana. Mais cela est encore un autre chapitre. Indavati Voici à présent la traduction du texte de Saya Kyi U Thek Anapana nimitta « Après avoir observé le souffle au niveau des narines un certain temps, on voit mentalement comme une fumée blanche ou comme des boules de coton qui sortent du nez au moment d'expirer. La fumée blanche peut avoir l'air de se mélanger avec un fil ou de la poussière d'or ou d'argent qui scintillent; ou encore on a l'impression d'avoir des fleurs de flammes è l'endroit du souffle. Parfois une grande ou une petite perle semble se mélanger au souffle à sortir et rentrer avec lui. Parfois cela ressemble à un collier de perles qui rentre et qui sort avec le souffle. Quand la concentration est un peu plus mûre, ces perles deviennent lumineuses comme si elles étaient chargées d’électricité.[...] Lorsqu'on voit ce signe (nimitta) on a tendance à ne voir que lui, à ne plus être conscient que de lui, à ne plus faire attention qu'à lui. L'observation n'est plus au niveau des narines. Si le nimitta disparaît, l'esprit recommence à observer le souffle à l’entrée du nez. Au cas ou il n'y revient pas seul, il faut l'y placer intentionnellement. Puis on a des visions qui sont indescriptibles, tellement elles sont belles et agréables comme des fleurs, des couleurs, des maisons, des forets, des montagnes, des lacs, des fleuves, la mer, des caves, des pagodes, le soleil, la lune, des planètes, des pierres précieuses, des lumières, des étincelles ou des boules lumineuses. Plus la concentration est mûre, plus on a ce genre de phénomènes. Quelque fois on a l'impression de voir des êtres célestes et de pouvoir leur parler. A ce moment là on a tendance à dévier de son but d'origine et la méditation prend une autre direction (non désirable). Il est alors bon d’arrêter le travail de sama |

